[Interview] Tour Du Monde Culinaire: Voyage, Partage Et Potage

Partis il y a 4 mois faire le tour du monde pour 2 ans, Benoit et Sandrine, jeunes aventuriers en soif de découverte livrent sur leur blog “Voyage, Partage et Potage” les détails de leur voyage non sans humour.

Le fil conducteur de leur voyage? L’alimentation, la cuisine, le partage autour de l’acte universel qui est celui de manger.

Je trouve leur projet formidable et j’avais très envie d’aller à leur rencontre (virtuelle). Ils ont bien voulu répondre à mes questions avec une grande gentillesse.

 

Vous avez un projet socio culinaire, le partage autour de l’alimentation et de la cuisine avec les gens que vous rencontrez. Est-t-il facile de faire des rencontres et est-ce que les gens vous ouvrent volontiers leur porte ?

Dans notre alimentation de tous les jours on essaye de manger local, de découvrir comment les gens se nourrissent au quotidien. On privilégie donc les petites échoppes dans la rue, les restaurants locaux, les marchés, où on en profite pour échanger avec les gens sur les aliments, les plats et les coutumes que nous ne connaissons pas. Il est assez facile de discuter de ce sujet avec n’importe qui et beaucoup de gens ont eu plaisir à nous faire découvrir une partie de leur culture alimentaire.

De là à se faire inviter chez eux pour cuisiner, il y a un grand pas, que nous n’avons pas encore franchi de la sorte. Pour autant nous avons eu de belles expériences de cuisine lorsque nous étions logés chez l’habitant, que ce soit via des connaissances, du couchsurfing, workaway ou autre.

 

Selon vous, la cuisine permet de renforcer les liens entre les gens. Qu’en est-t-il dans les pays que vous avez visité ? Est-ce identique?

En France on a tendance à donner une certaine importance à la convivialité lors des repas. On s’attend pour manger, on passe du temps à table, avec plusieurs plats, on discute beaucoup. Le repas représente souvent une occasion de se réunir et de passer du temps ensemble.
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En Amérique centrale, on a trouvé ça très différent. Les personnes d’une même famille ne mangent pas forcément toutes en même temps. Même lors des repas de fête.

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On a retrouvé cette convivialité au Groenland par exemple où la tradition du kaffeemik est très présente : toute occasion est bonne pour passer une après-midi avec sa famille, ses amis ou ses voisins autour d’un café et de quelques gâteaux.

En Amérique centrale, on a trouvé ça très différent. Les personnes d’une même famille ne mangent pas forcément toutes en même temps. Même lors des repas de fête.

On nous a raconté au Guatemala que quand on invitait des gens à diner, il est d’usage de leur servir à manger dès leur arrivée, donc les hôtes et les invités ne mangent pas forcément tous ensemble.

On se souvient aussi à Cuba du jour où nous avions fait un asado cerdo (cochon grillé) qui est un repas pour
les grandes occasions. Après plus de 5h de préparation, on se réjouissait de le savourer tranquillement avec les autres invités en faisant plus ample connaissance. Mais à peine la viande découpée, tout le monde en a pioché des morceaux, avalés très rapidement, sans même prendre le temps de s’assoir autour de la table. Ce n’est qu’ensuite que les gens ont discuté, dans le salon.

Ainsi le repas créé l’occasion, c’est un prétexte pour se retrouver. Mais ce n’est pas toujours lors du repas que les gens échangent.

 

L’alimentation et la cuisine sont typiques à chaque pays, j’imagine que vous avez du avoir des surprises! Avez-vous déjà ressenti un choc culturel ?

Oui, plein :)

Déjà on ne compte plus le nombre de pays où on ne mange pas de dessert en général, ni de petit déjeuner sucré.
Au Costa Rica ou au Nicaragua, on trouve une base de riz et haricots noirs à chaque repas. Au Mexique et au Guatemala, c’était la même chose avec les tortillas de maïs.

On a aussi fait quelques découvertes originales : en Islande on accompagne la saucisse de foie de mouton avec du riz au lait à la cannelle, ce n’est vraiment pas bon. Au Nicaragua on mange des bananes avec du fromage, on adore. Au Nunavut on a mangé du phoque : un aspect de bavette de bœuf avec un goût de poisson.

Plein de surprises, des bonnes, des moins bonnes et assurément, ce n’est que le début !

Y a-t-il une expérience qui vous a particulièrement marquée ? culinaire ou non d’ailleurs ?

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Un chasseur de rennes (…) nous emmène avec lui pour qu’on l’aide à ramener les carcasses des bêtes qu’il avait chassées ce jour là à son bateau. Juste surréaliste.

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Dur de n’en citer qu’une, mais on aime se rappeler cette journée très pluvieuse au Groenland : un chasseur de rennes débarque dans notre auberge et nous apprenons à cuisiner une excellente soupe de rennes avec sa femme. Puis profitant d’une accalmie, il nous emmène avec lui pour qu’on l’aide à ramener les carcasses des bêtes qu’il avait chassées ce jour là à son bateau. Juste surréaliste.

 

Une partie de votre projet est l’envie de trouver des projets socio-culinaires existants, des initiatives durables mises en place dans le domaine de l’alimentation. Qu’avez-vous trouvé au cours de votre voyage ?

Malheureusement pas grand-chose pour le moment, car nous n’avons pas beaucoup travaillé sur cette partie du projet pour l’instant. Cela nécessite de faire des recherches avant d’arriver dans un pays et de rester un certain temps au même endroit afin de pouvoir rencontrer les acteurs des projets socio-culinaires. Ces quatre premiers mois de voyage ont été très intenses et nous avons bougé beaucoup, ne nous laissant pas suffisamment de temps pour approfondir le sujet.

Toutefois nous avons découvert par hasard le mouvement Grow NYC à New York qui vise à faire de New York un modèle de ville durable. Il favorise notamment le développement de marchés de proximité et de jardins communautaires pour faciliter l’accès à une meilleure alimentation.

En France, nous avons eu plaisir à participer à une Disco Soupe à Orléans. Ils organisent de grandes soupes populaires, uniquement à partir de légumes destinés à être jetés. Et chacun peut participer à la confection des soupes et salades dans une bonne ambiance. Ces événements visent ainsi à sensibiliser les gens sur le gaspillage alimentaire. On peut trouver fréquemment des Disco Soupes un peu partout en France et quelques unes à l’étranger. Nous serions ravis de pouvoir participer à nouveau à l’une d’entre elles sur notre route.

 

Vous dites dans votre blog que vous préférez la cuisine mexicaine à la cuisine française. (Quoi ? Mais vous êtes sûrs ?!) Pouvez-vous m’en dire davantage ?

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Le Mexique (…) a depuis été supplanté par le Nicaragua, pour la diversité de ses plats, sa moindre dépendance au maïs et surtout ses maduros con queso..

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Ce n’est pas exactement ça :)

Avant notre arrivée au Mexique, bien qu’ayant découvert quelques plats délicieux nous n’avions pas réellement eu de coup de cœur pour la cuisine d’un pays en particulier. Alors à la question de savoir de quel pays nous avions préféré la cuisine au cours de notre voyage, nous ne savions pas trop quoi répondre. A part la France bien sûr, mais pour nous cela ne faisait pas vraiment partie du voyage.

Puis la cuisine mexicaine dans son ensemble nous a séduits : on a aimé la variété des plats à base de tortillas. On a aimé les nombreux stands de rue où on pouvait composer nous-même nos tacos. On a aimé les goûts, les odeurs, les couleurs, le fromage.

C’est ainsi que le Mexique est devenu le pays traversé dont nous avons préféré la cuisine.

Il a depuis été supplanté par le Nicaragua, pour la diversité de ses plats, sa moindre dépendance au maïs et surtout ses maduros con queso.

Mais sois rassurée, la France reste jusqu’ici toujours n°1 à nos yeux.

 

Benoît, tu es allergique à l’arachide. Ce ne doit pas être facile pour toi d’éviter cet allergène en voyage. Comment cela se passe dans les pays étrangers?

En voyage, nous découvrons sans cesse de nouveaux produits et de nouveaux plats. Il faut donc être en permanence vigilant avec ce que l’on mange, et toujours demander s’il y a de l’arachide dans quelque chose qu’on ne connaît pas. Le danger vient en fait de ce que l’on pense connaître. Par exemple, au Guatemala, j’ai eu de l’arachide dans mon assiette de pâtes au pesto. Je ne me suis pas méfié, car en France, le pesto est fait avec des pignons de pin. Mais là-bas, il l’avaient préparé avec des cacahuètes. Pas de bol.

Mis à part cela, jusqu’à présent, ça a plutôt été facile de demander, car nous n’avons traversé que des pays anglophones ou hispanophones. Cela deviendra plus compliqué en Asie avec la barrière de la langue. Mais nous avons d’autres astuces pour cela. Je suis justement en train de rédiger un article plus complet sur comment éviter l’arachide en voyage.

Et concernant l’Asie, nous éviterons aussi les pays les plus risqués, ceux d’Asie du Sud-Est.

 

Petite question subsidiaire : Qu’est ce qui vous manque le plus par rapport à la France?

Une petite soirée vin-fromage avec du bon pain et nos amis :)

Où êtes-vous aujourd’hui ? Quel est votre prochain voyage sur votre itinéraire?

Nous venons d’arriver en Bolivie, à La Paz. Cela marque notre premier changement d’hémisphère, et l’arrivée sur un nouveau continent, l’Amérique du Sud, où nous resterons quatre mois.

Au programme : Bolivie, Chili, Argentine et Uruguay. Et nous avons pour objectif de faire un tour en Antarctique, depuis Ushuaia, d’ici la fin de l’année !

J’imagine que vous aurez énormément de choses à raconter à votre retour, avez-vous déjà une idée de la continuité que vous allez donner à votre projet? Un livre par exemple ?

Nous essayons de raconter un maximum de choses sur notre blog, au fur et à mesure de l’aventure. Cela nous fera un beau livre de chevet pour notre retour. Et éventuellement une base de travail intéressante pour la suite. Mais à ce jour, nous n’avons aucune idée de la continuité que nous voulons donner à notre projet. Nous avons encore 20 mois devant nous pour y réfléchir, mais surtout pour profiter du moment présent :)

 

Merci à Sandrine et Benoît pour cet interview. Pour suivre leur voyage, c’est par ici sur leur blog Voyage Partage et Potage, ou sur leur page facebook.

 

Crédits photos: Voyage, Partage et Potage/flickr

Macaron Chocolat, Ganache Romarin Et Huile D’olive

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Je n’avais jamais essayé les macarons, alors en quête de nouvelles expériences culinaires, je me suis dit pourquoi pas… mais j’avais entendu que c’était difficile, long à faire et que ca ne réussit pas toujours. Et ben oui! J’ai fait trois essais avant de parvenir à trouver LA bonne recette et elle fait des coques de macarons vraiment top! Je l’ai trouvé ici: http://delicesdetartin.canalblog.com/archives/2010/09/17/19075161.html. La recette est expliquée en images et je pense que ca m’a donné confiance pour la réaliser… et miracle les coques sont devenues de belles coques bien lisses, croquantes et moelleuses.

Vous me direz, une ganache au romarin et à l’huile d’olive? Ca doit être bizarre! Ca peut surprendre mais j’avais déjà vu pas mal de recettes de macarons associés à de l’huile d’olive. Quant au romarin, il apporte un petit goût subtil et parfumé mais pas trop prononcé.

Pour info, j’ai réalisé cette recette de macarons pour un concours. N’hésitez pas à m’apporter votre soutien, en cliquant sur le lien ci-dessous : http://www.lemilechef.com/recette/121/show. Merci beaucoup!

 

Pour 20 petits ou 10 gros macarons:

pour les coques:

2 X 50 g de blancs d’oeufs (environ 3/4 oeufs)

150 g d’amandes en poudre

150 g de sucre glace

150 g de sucre en poudre

3 cuillères à café de cacao en poudre

5 cl d’eau

matériel: thermomètre de cuisson

pour la ganache:

240 g de chocolat blanc

120 g de crème liquide entière

150 g d’huile d’olive de bonne qualité (j’ai utilisé l’huile d’olive vierge extra fruitée Emile Noël)

2 branches de romarin

 

Préparation:

Deux jours avant de faire la recette, cassez les oeufs et réservez les blancs dans deux petits récipients. Filmez et réservez au frais afin de les faire vieillir./

Mélangez le sucre glace et les amandes en poudre. Mixez le mélange et versez-le dans un récipient. Incorporez la moitié des blancs d’oeufs. Réservez.

Versez les blancs d’oeufs restants dans le bol du batteur.

Versez 5 cl d’eau et 150 g de sucre en poudre dans une petite casserole. Chauffez à feu moyen pour faire fondre le sucre, puis augmentez le feu. A 110°C, battez les blancs d’oeufs à vitesse moyenne. A 114°C, augmentez la vitesse jusqu’à la vitesse maximale. A 118°C, retirez le sirop du feu et versez-le en filet sur les blancs d’oeufs, toujours à vitesse maximale.

Battez encore pendant 1 minute. Diminuez ensuite la vitesse à la vitesse 3, pendant encore 2 minutes. Avant la fin, ajoutez le cacao.

Prélevez une cuillère à soupe de meringue au chocolat et mélangez-la au mélange de poudre d’amandes.

Ajoutez le reste de la meringue et mélangez délicatement afin d’incorporer le tout.

Mettez la préparation dans une poche à douille et formez des petits tas en quinconce sur une plaque couverte de papier sulfurisé. Laissez croûter environ 40 minutes.

Pendant ce temps, préchauffez le four à 150°C. Lorsque le temps d’attente des macarons est écoulé, enfournez pendant environ 14 minutes (cela dépend de votre four). Ouvrez la porte du four pendant quelques secondes à 8 minutes, 10 minutes et 12 minutes.

A la sortie du four, laissez reposer quelques minutes puis décollez les coques et laissez-les refroidir sur une grille.

Préparation de la ganache:

Chauffez la crème liquide. Faites infuser le romarin dans la crème pendant environ 15 minutes.

Pendant ce temps, coupez en petits morceaux le chocolat blanc et mettez les dans un saladier.

Chauffez ensuite la crème jusqu’à l’ébullition. Versez-la en plusieurs fois sur le chocolat blanc et mélangez jusqu’à ce que le mélange soit lisse. Ajoutez ensuite l’huile d’olive en filet et mélangez bien le tout.

Réservez au frigo pendant au moins 2 heures.

Garnissez les coques avec la ganache et conservez les macarons au frigo.

Après l’effort, le réconfort… bon appétit!